Les pehe : le cœur battant de la danse tahitienne
Dans la danse tahitienne, on admire d’abord les costumes flamboyants, l’énergie des danseurs et le mouvement hypnotique des hanches. Mais derrière chaque pas, chaque geste et chaque transition se trouve un élément fondamental de la culture polynésienne : les pehe.
Qu’est-ce qu’un Pehe ?
Le terme pehe désigne un motif rythmique joué par l’ensemble des percussionnistes tahitiens.
On pourrait le comparer à une phrase musicale ou à un pattern dans la musique occidentale, mais le pehe a une identité propre, intimement liée à la culture polynésienne.
Chaque pehe possède :
- Une introduction (fa‘atomora‘a) : l’appel, qui prépare les danseurs.
- Le motif principal : le cœur du rythme.
- Une conclusion (toma) : qui marque le changement ou la fin de la séquence.
Les danseurs apprennent à les reconnaître instinctivement : au simple son d’un pehe, ils savent exactement quels pas, quelle énergie et quelle attitude adopter.
Les pehe sont exécutés sur un ensemble de percussions traditionnelles :
- To‘ere : tambour en bois fendu, frappé avec une baguette – le son sec et puissant emblématique du ʻOri Tahiti.
- Pahu : grand tambour à membrane, grave et solennel.
- Fa‘atete : tambour plus petit, joueur, agile.
Chaque instrument a son rôle, mais c’est l’ensemble qui crée la richesse du pehe : une combinaison de pulsations, de syncopes, d’accents et de respirations.
Dans l’Ōteʻa, la fameuse danse de percussions, le pehe est structurant. Il dicte :
- Le tempo,
- L’intensité du mouvement,
- La technique de hanches (fa‘arapu, varu, tumami, box…),
- Les transitions entre séquences,
- Et même l’émotion de la danse.
Un changement de pehe peut transformer totalement l’atmosphère : d’un rythme guerrier et explosif à un groove plus souple et ondoyant.
Pour les danseurs, maîtriser les pehe, c’est comprendre la langue du ʻOri Tahiti.
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